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Quelle prise en charge des factures d’eau pour les plus démunis ?

mardi 2 juin 2009

Blog animé par Bernard JOUGLAIN, Président de la Commission clientèle de la FP2E

« Chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous ». Article 1er de la Loi sur l’eau de 2006.

En France, les dépenses des ménages liées à l’eau sont très faibles : elles représentent en moyenne 0,8% de leur budget [1], un taux stable depuis 10 ans (2,4% pour les télécommunications, 3,8% pour le gaz, l’électricité et autres combustibles).

Le taux d’impayés est aussi très bas (moins de 1% dans les services délégués [2]), néanmoins un dispositif d’aide au règlement des factures impayées est indispensable pour un nombre croissant de citoyens.

Le Fonds Solidarité Logement (FSL) a été créé en 1990 pour aider les personnes démunies à faire face aux dépenses liées à leur habitation. La Loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales en a transféré la gestion aux départements, et a étendu son champ d’action à la prise en charge des dettes relatives aux impayés d’eau, d’électricité, de gaz et de services téléphoniques.

Le règlement intérieur du Fonds définit les conditions d’octroi des aides et les priorités. Il est élaboré et adopté par le Conseil Général après avis du comité responsable du plan départemental d’action auprès des personnes défavorisées.

Le financement du fonds est assuré par le département qui passe une convention avec les représentants des distributeurs d’eau pour définir le montant de leurs concours financiers au FSL.

Depuis le 1er avril 2009, le nombre de conventions liant les entreprises de la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau [3] (FP2E) a dépassé la barre symbolique des 70 signatures. Des discussions ont été engagées dans 18 autres départements. L’objectif est de couvrir à court terme l’ensemble du territoire.

La mise en œuvre de ces conventions dans près des trois quarts des départements français permet :

- de répondre aux besoins d’urgence des personnes en situation de précarité rencontrant des difficultés pour régulariser les impayés d’eau, et leur éviter la coupure, en organisant une collaboration efficace entre les services départementaux et les services relations clientèles des entreprises,

- de mettre en œuvre un ensemble d’actions de prévention, d’information, et d’observation des impayés d’eau résultant d’une collaboration entre les signataires et ayant pour but de permettre aux familles en situation de précarité de mieux maîtriser leur usage de l’eau,

- la prise la prise en charge partielle ou totale de la facture d’eau impayée, la dette de l’abonné étant alors supportée par les entreprises de l’eau pour la part qui leur revient (40 % de la facture globale en France, le reste revenant aux collectivités, à l’État et aux Agences de l’eau). Le département, lui, prend en charge l’ensemble des taxes et redevances imputables à la facturation de l’eau et de l’assainissement perçues pour le compte de tiers en lien avec ces derniers (État, Agence de l’eau, collectivités locales, etc.).

En 2008, les entreprises de la FP2E ont traité près de 33 500 dossiers en lien avec les FSL, contre 30 800 en 2007.

Notes

[1] Source : BIPE, d’après données de l’INSEE 2006

[2] Indicateur portant sur les services de plus de 10 000 habitants (rapport BIPE / FP2E janvier 2008)

[3] La Fédération professionnelle des Entreprises de l’Eau regroupe la quasi-totalité des entreprises privées assurant la gestion des services d’eau et d’assainissement en France (Alteau, Lyonnaise des Eaux, Saede, Saur, Société des Eaux de Fin d’Oise, Sogedo et Veolia Eau). Avec 32 200 collaborateurs sur le territoire français, elles desservent en eau potable 46 millions de personnes et fournissent des services d’assainissement à 28 millions de personnes

Commentaires

Henri Smets le 10 juin 2009 à 15:27

Re : AIDER LES MÉNAGES DÉMUNIS À PAYER LEUR EAU

AIDER LES MÉNAGES DÉMUNIS À PAYER LEUR EAU

73 départements ont signé un accord avec les entreprises privées de distribution d’eau afin de financer pour partie l’aide versée aux ménages démunis qui ont des dettes d’eau. Le montant versé par les délégataires en 2007 est de 2.1 MEuro à 30 800 ménages dans 63 départements auxquels il faut ajouter les contributions des autres partenaires (municipalités, conseil général, régies, agences de l’eau, État, etc.). En tout, environ 75 000 ménages pauvres ont reçu environ 10 MEuro en 2007, soit 1.1 pour mille des dépenses d’eau des ménages (8660 MEuro selon INSEE) pour couvrir pour partie leurs dépenses d’eau. Les autres ménages démunis sont très nombreux, plus d’un million, et ils payent leur eau en se privant, parfois avec un certain retard car ils ont du mal(1).

Jusqu’en 2005, une situation semblable prévalait dans le secteur de l’électricité : pas d’aide pour ceux qui honorent leur facture ! Pour corriger cette injustice, un tarif de première nécessité a été mis en place en 2005, ce qui a permis d’aider tous les usagers pauvres, ceux qui payent comme ceux qui ne parviennent pas à payer leur électricité. En 2009, il est prévu que plus d’un million de ménages seront aidés alors que les ménages aidés auparavant n’étaient que 300 000. Le même schéma a été mis en place pour le fioul et le gaz. Ces trois secteurs consacreront en 2009 plus de 8 pour mille des dépenses d’énergie de l’ensemble des ménages pour alléger la facture des plus démunis, soit proportionnellement 5 fois plus que ce que fait le secteur de l’eau. Pour l’électricité, la mesure est financée par une petite taxe (CSPE) qui figure sur chaque facture.

Les partenaires du secteur de l’eau pourraient très certainement offrir une aide plus importante aux ménages démunis et, d’ailleurs, des discussions sont en cours pour améliorer le régime actuel(2). Pour y parvenir, il suffirait de créer pour l’eau un mécanisme d’aide sur le modèle de ce qui a été créé récemment pour le fioul et le gaz : tout ménage démuni, abonné ou non, reçoit sur demande une aide fixe pour alléger sa facture d’eau. Cette aide pourrait être versée en même temps que d’autres aides sociales et même être modulée selon les besoins (prix unitaire de l’eau, nombre de personnes dans le ménage). Son financement ne devrait pas faire problème car le coût de la mesure proposée représente à peine le dixième du montant des augmentations des dépenses pour l’eau programmées pour les 10 prochaines années.

Henri Smets Coalition Eau

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Comparaison des aides pour le paiement des dépenses d’énergie et d’eau des ménages

(1) Henri Smets : La prise en charge des dettes d’eau des usagers démunis, V. Johanet, Paris 2008.

(2) Voir le livret réalisé par la Coalition Eau : "De l’eau pour tous, 12 propositions pour les élus", www.coalition-eau.org/spip.php ?article109.

le 1er septembre 2009 à 16:34

Re : Re : Quelle prise en charge des factures d’eau pour les plus démunis ?

Pourquoi ne pas revenir à un prix correct ,acceptable du prix de l’eau et surtout des services associés ?Ce serait une mesure bien mieux acceptée et mieux vécue par les uns et les autres .
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